Luccia Ongouya lance un appel urgent : sauver la mémoire du Congo avant qu’elle ne s’efface

Sous la bannière Héritages Podcast, elle a ouvert une cagnotte sur OnParticipe.fr : « Notre culture a besoin de toi ». L’objectif est clair et ambitieux : documenter, filmer et transmettre les récits essentiels de l’histoire congolaise, de la période précoloniale aux indépendances, jusqu’à la question brûlante de l’identité contemporaine.

Heritages Podcast

Une voix qui a déjà réveillé des milliers de Congolais

Depuis des mois, sur les réseaux sociaux, une jeune femme du Congo-Brazzaville raconte l’histoire de son pays autrement. Luccia Ongouya, médiatrice culturelle installée en France, refuse le titre d’« influenceuse ». Elle préfère celui, plus juste, de passeuse de mémoire. Ses vidéos sur les peuples Téké, Mbéré-Nzabi ou Kwélé, ses notes de lecture sur Alain Mabanckou ou Emmanuel Dongala, ses questions sur l’identité congolaise ont déjà réuni plus de 150 000 abonnés cumulés sur différents réseaux sociaux. Aujourd’hui, elle franchit une nouvelle étape.

Ce que le projet veut vraiment accomplir

Avant la colonisation, qu’y avait-il réellement sur le territoire actuel de la République du Congo ? Comment les ancêtres ont-ils accueilli les Européens ? Comment vivaient-ils pendant la période coloniale ? Pourquoi le premier président a-t-il démissionné ? Et aujourd’hui, de quoi est faite l’identité congolaise ?

Ces questions ne sont pas abstraites. Elles touchent directement à la transmission d’une mémoire encore largement orale, fragile, et trop souvent reléguée au second plan. Luccia Ongouya veut aller sur le terrain, rencontrer les gardiens de la tradition, collecter des témoignages et produire des contenus documentaires accessibles. Pas un énième film institutionnel. Un travail ancré, incarné, pensé pour les jeunes Congolais et la diaspora.

Luccia Ongouya à l'ambassade du Congo

Pourquoi ce projet compte vraiment ?

Dans un pays où l’histoire officielle reste fragmentaire et où les récits coloniaux continuent de peser, laisser disparaître la mémoire orale revient à accepter un trou noir identitaire. Chaque aîné qui s’éteint emporte avec lui des fragments irremplaçables. Ce crowdfunding n’est pas un simple financement de contenu. C’est un acte de préservation culturelle d’urgence.
Trois arguments pèsent particulièrement :

  • La transmission directe : en documentant aujourd’hui, on évite que les générations futures ne connaissent leur passé qu’à travers le filtre des archives coloniales.
  • L’unité nationale : en explorant ce qui compose l’identité congolaise au-delà des clivages Nord-Sud ou ethniques, le projet nourrit un sentiment d’appartenance commune.
  • L’indépendance du regard : porté par une voix déjà légitime auprès du public, ce travail échappe aux contraintes institutionnelles et reste libre de sa parole.

Un engagement accessible et concret pour la culture congolaise

La cagnotte a déjà récolté 700 euros auprès de 21 participants. Il reste encore plusieurs semaines. Les dons sont libres, le site est sécurisé, et chaque contributeur peut laisser un message. Soutenir ce projet, c’est choisir de faire vivre une mémoire collective plutôt que de la laisser s’effacer dans le silence.

Luccia Ongouya a prouvé qu’elle savait parler à son public. Il ne lui manque plus que les moyens de passer de la parole à l’image et au terrain. La culture congolaise, elle, n’attend plus.

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